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Nouveau bail de location au 1er octobre 2026 : ce qui change pour un bailleur parisien

Propriétaire signant un bail de location à la table d'un appartement meublé parisien
5/10/26

Nouveau bail de location au 1er octobre 2026 : ce qui change pour un bailleur parisien

Votre locataire quitte le deux-pièces de la rue Oberkampf fin octobre, vous avez déjà un candidat sérieux, et vous comptiez ressortir le modèle de bail qui vous sert depuis 2019. Mauvaise idée. Depuis le 1er octobre 2026, le contrat type de location a changé, et tout bail de résidence principale signé ou renouvelé à partir de cette date doit suivre le nouveau modèle. La réforme est moins lourde que certains titres ne le laissent penser, mais elle touche un point sensible, celui des impayés. Voici ce qu'il faut retenir quand on loue un meublé à Paris.

Un décret qui met le modèle à jour, sans bouleverser la loi

Le texte de référence est le décret n° 2026-596 du 6 juillet 2026, publié au Journal officiel le lendemain. Il modifie le décret du 29 mai 2015, celui qui fixe depuis dix ans les contrats types obligatoires pour la location d'une résidence principale. Trois familles de contrats sont concernées : la location vide, la location meublée et la colocation à bail unique.

Il faut le dire d'emblée, ce décret ne crée pas de règle nouvelle. Il aligne le modèle officiel sur des lois déjà votées, principalement la loi du 27 juillet 2023 sur la protection des logements contre l'occupation illicite et la loi du 19 novembre 2024 sur la régulation des meublés de tourisme. Autrement dit, les obligations existaient, mais les modèles en circulation ne les reflétaient pas. C'est précisément ce décalage qui rendait beaucoup de baux fragiles sans que leurs signataires le sachent.

La clause résolutoire devient la règle, avec un délai de six semaines

C'est le changement qui compte. La clause résolutoire, celle qui prévoit la résiliation automatique du bail en cas d'impayé, figurait jusqu'ici dans le modèle comme une option que l'on pouvait cocher ou non. Elle est désormais intégrée d'office. Le nouveau contrat type prévoit que le bail est résilié de plein droit en cas de défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus, ou de non-versement du dépôt de garantie.

Le délai change aussi. La clause ne produit ses effets que six semaines après un commandement de payer resté sans réponse, délivré par un commissaire de justice. L'ancien modèle mentionnait deux mois. Cette réduction vient de la loi de 2023 et de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989, que le contrat type reprend enfin noir sur blanc.

Ne vous méprenez pas sur la portée de cette clause. Six semaines ne signifient pas qu'un locataire en retard quitte les lieux un mois et demi plus tard. Une fois le délai écoulé, il faut encore saisir le juge des contentieux de la protection pour faire constater la résiliation. Ce juge conserve des pouvoirs étendus : il peut accorder jusqu'à trois ans de délais de paiement et suspendre les effets de la clause pendant l'échéancier, à condition que le locataire ait repris le paiement du loyer courant avant l'audience. La clause accélère le point de départ de la procédure, elle ne la remplace pas.

Les autres nouveautés du modèle

Le décret ajoute trois clauses résolutoires que vous pouvez choisir d'insérer ou non. La première vise le défaut d'assurance du locataire, avec un effet un mois après un commandement resté infructueux. La deuxième concerne les troubles de voisinage, mais seulement lorsqu'ils ont été constatés par une décision de justice. La troisième sanctionne le non-respect de l'obligation de résidence principale, dans les rares secteurs où elle s'impose.

Ce dernier point mérite une explication. Depuis la loi de novembre 2024, une commune peut délimiter dans son plan local d'urbanisme des secteurs où les logements neufs doivent être occupés à titre de résidence principale, afin d'empêcher leur transformation en meublés de tourisme. Lorsque le bien se trouve dans un tel secteur, le bail doit le mentionner. Pour un appartement ancien dans un immeuble haussmannien, la question ne se pose généralement pas, mais elle peut concerner un investissement dans un programme récent.

Enfin, le modèle prévoit un champ facultatif pour le numéro de téléphone portable du bailleur, du locataire et de chaque colocataire. La mesure paraît anecdotique. Elle évite pourtant bien des courriers recommandés quand il s'agit de prévenir d'un dégât des eaux un dimanche soir.

Baux en cours, renouvellement, nouvelle signature : qui doit faire quoi

La question que tous les bailleurs se posent tient en une phrase : dois-je refaire mon bail ? La réponse dépend de la date du contrat et non de la date de la réforme.

Votre situationCe que vous devez faire
Bail signé avant le 1er octobre 2026, toujours en coursRien. Aucun avenant n'est exigé.
Bail renouvelé à partir du 1er octobre 2026Utiliser le nouveau contrat type.
Nouveau locataire à partir du 1er octobre 2026Utiliser le nouveau contrat type.
Bail mobilité ou location saisonnièreNon concerné par ce contrat type.

Un piège se cache dans la première ligne. Si votre bail en cours mentionne un délai de deux mois dans sa clause résolutoire, c'est ce délai contractuel qui continue de s'appliquer selon l'analyse des avocats spécialisés. Un commandement de payer rédigé avec le mauvais délai s'expose à la nullité, et toute la procédure repart de zéro. En cas d'impayé sur un bail ancien, faites relire la clause avant de mandater un commissaire de justice.

Le décret ne prévoit par ailleurs aucune sanction contre le bailleur qui utiliserait un ancien modèle. Ne voyez pas là une invitation à l'ignorer. Chaque partie peut exiger à tout moment la mise en conformité du contrat, et un bail approximatif reste votre premier point faible le jour où un litige survient.

Ce que cela change selon votre façon de louer un meublé à Paris

Si vous louez en meublé classique, avec un bail d'un an à titre de résidence principale, vous êtes pleinement concerné. Votre prochain contrat devra reprendre le modèle à jour, avec sa clause résolutoire et son délai de six semaines. Profitez-en pour vérifier le reste du document. À Paris, le bail doit toujours mentionner le loyer de référence et le loyer de référence majoré, et l'expérimentation de l'encadrement court au moins jusqu'au 24 novembre 2026, le Sénat devant examiner sa prolongation à partir du 21 octobre. Nous suivons ce dossier dans notre guide de l'encadrement des loyers à Paris.

Si vous louez en bail mobilité, à un salarié en mission ou à un étudiant pour un à dix mois, le contrat type modifié ne s'applique pas. Le bail mobilité obéit à ses propres règles, parmi lesquelles l'interdiction du dépôt de garantie. La réforme ne vous impose donc rien, même si rien n'empêche de s'inspirer de ses bonnes pratiques rédactionnelles.

Si vous louez à une entreprise qui loge ses collaborateurs, vous sortez du cadre de la loi de 1989, et donc du contrat type. Le bail se négocie alors plus librement, avec un locataire dont la solvabilité se vérifie sur des comptes publiés plutôt que sur trois bulletins de salaire. Nous avons détaillé ce fonctionnement dans notre article sur le fait de louer son appartement à une entreprise.

Le vrai sujet derrière la clause : le risque d'impayé

Une clause résolutoire bien rédigée ne vous évite pas l'impayé. Elle vous permet seulement d'agir un peu plus tôt quand il survient. Entre le premier loyer manquant, le commandement, les six semaines, l'audience et les éventuels délais accordés par le juge, un bailleur peut attendre de longs mois avant de retrouver un logement occupé et payé. Pendant ce temps, le crédit et les charges de copropriété continuent de courir.

C'est pourquoi la meilleure protection se joue avant la signature, dans le choix du locataire et du mode d'exploitation. Un propriétaire qui confie son bien à un opérateur ne porte plus ce risque de la même manière. Chez Flexliving, qui gère plus de 300 appartements meublés à Paris, les logements sont occupés par des salariés en mobilité et des entreprises, pour des durées flexibles, et le propriétaire n'a ni contrat à mettre à jour à chaque réforme ni relance à effectuer. La veille réglementaire, la rédaction des contrats et le suivi des paiements font partie de la gestion.

Questions fréquentes

Dois-je refaire mon bail en cours à cause du nouveau contrat type ?

Non. Les baux signés avant le 1er octobre 2026 restent valables sans avenant. Le nouveau modèle s'applique uniquement aux contrats conclus ou renouvelés à partir de cette date.

La clause résolutoire permet-elle d'expulser un locataire en six semaines ?

Non. Les six semaines correspondent au délai laissé au locataire pour régulariser après un commandement de payer. Il faut ensuite saisir le juge, qui peut accorder jusqu'à trois ans de délais de paiement et suspendre la clause si le locataire a repris le paiement du loyer courant.

Le bail mobilité est-il concerné par la réforme ?

Non. Le décret du 6 juillet 2026 modifie les contrats types de la location vide, de la location meublée de résidence principale et de la colocation à bail unique. Le bail mobilité et les locations saisonnières n'entrent pas dans son champ.

Que risque un bailleur qui utilise un ancien modèle de bail ?

Le décret ne prévoit pas de sanction spécifique. Le locataire peut toutefois exiger la mise en conformité du contrat, et un bail qui ne reprend pas les mentions à jour fragilise le bailleur en cas de litige, notamment sur les impayés.

Un bail à jour protège mieux qu'un bail ancien, mais aucun modèle ne remplace un logement bien loué à un occupant solvable. Si la mise à jour de vos contrats vous donne envie de déléguer le sujet une fois pour toutes, découvrez comment Flexliving gère votre bien et ce que cela change à votre quotidien de propriétaire.

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